voici quelques bouts de mon rapport personnel que je remettais aujourd'hui.
Mon séjour au Burkina est terminé. Je vais voyager durant un mois encore. Mais je laisse derière moi une petite routine que j'aimais bien...
Je n'ai pas pris beaucoup le temps d'écrire, jespere qu'il y a pas trop de personnes qui ont décroché?!?
Introduction
Même avec tous les cours théoriques possibles, c'est impossible de s'imaginer la vraie aventure qui t'attend. Tu plonges la tête baissée dans ce qui s'appel l'inconnu à son plus pure et tu apprends à l'apprivoiser peu à peu. Au début, l'eau est froide et, toi qui pensais savoir si bien nager, tu perds ton souffle et nages avec maladresse. Après un certain temps, tu te rends compte à quel point tu savais nager dans ce courant, mais que tu devais prendre le temps de t'adapter. Aujourd'hui, difficile de sortir de l'eau sans avoir un sentiment intense de nostalgie.
Le pays des hommes intègres, le Burkina Faso, m'a justement appris cette belle valeur d'intégrité et c'est en gardant un esprit ouvert que j'observe, en cette fin de parcours, à quel point j'ai grandi dans cette surprenante aventure. On peut évoluer dans son salon en prenant une prise de conscience sur sa vie, mais l'intensité des six derniers mois, c'est des centaines de photos mentales chaque jour, gravé dans ma mémoire, pour ne pas oublier dans quel monde de fou je suis. C'est des sentiments changeants d'une minute à l'autre. Tu les vis, les acceptes comme ils viennent parce que tu te rends compte que c'est finalement ça la base réelle de ton expérience.
J'ai été confronté à mes faiblesses les plus cachées et aidé par mes forces les plus importantes.
J'ai débordé d'énergie. J'ai senti que le monde m'appartenait et que je pouvais tout accomplir. D'autre moment, j'ai eu de la difficulté à aller chercher mon pain le matin, par manque total d'intérêt et par manque d'énergie.
Nouvelles réalités, nouveaux sentiments, nouveau moi.
Essayer de mettre des mots sur ce qui m'échappe encore demande une bonne réflexion et je trouve ça très difficile parce que je suis encore dans l'eau à nager.
C'est en partie ce que comportera ce dernier rapport personnel; des commencements de réflexion, des prises de conscience sur mon séjour en terre africaine et de faire aujourd'hui, par écrit un bilan de mon cheminement personnel m'aidera à mettre des mots sur ce que j'ai vécu.
Apprentissages réalisés
C'est en m'arrêtant pour y réfléchir que je me rends compte que des apprentissages réalisés au cours des 4 derniers mois, j'en ai des centaines par jours. Que ce soit sur les réalités qui m'entourent dont j'ignorais complètement l'existence ou encore des nouvelles réactions, des nouveaux sentiments, des questionnements qui m'habitaient à chaque instant.
C'est comme un cycle, ça part des aspects extérieurs pour changer l'intérieur ou de l'intérieur pour comprendre l'extérieur. L'un ne va pas sans l'autre et chacun s'alimente systématiquement.
J'ai réalisé que la vie est un combat lorsque tu décides de devenir combattante. Les gens ici sont de vrais combattants et même s'ils aimeraient parfois avoir une vie plus facile, ils se lèvent le matin très tôt pour attaqués la journée qui s'annonce. Je comprends la vraie définition du combat lorsque je vois une femme avec un enfant au dos qui bat le mil pour faire manger sa famille. C'est quand je vois un enfant de cinq ans mendier dans la rue. C'est lorsque je comprends que mes amis burkinabés ne savent pas trop ce qu'ils vont manger le soir. C'est lorsque j'ai su que Sally, notre femme de ménage, a 25 ans, qu'elle est analphabète et qu'elle a 4 enfants d'un homme le double de son âge. C'est lorsque je vois un homme complètement nu, marchant sans but, dans les rues de la ville. C'est lorsque je parle avec les chauffeurs de taxis qui me disent qu'ils aiment mieux travailler en sachant qu'ils ne reçoivent pratiquement rien, que d'être sur le chômage.
J'ai réalisé que le monde est pratiquement divisé en deux et que nous sommes plongés dans ces deux extrêmes inégalités. Un n'est pas mieux que l'autre. J'ai passé quatre mois à critiquer les valeurs de ma société occidentale pour valoriser l'autre culture et, l'instant d'après, à faire le contraire avec les difficultés des pays en voie de développement en favorisant ma société. Il n'y a pas de perfection, encore moins d'équilibre. Tout dépend de tes propres valeurs et la beauté du voyage est que tu as la chance de garder ce qui a été aidant pour toi et de délaisser les aspects qui ne te ressemblent pas.
J'ai réalisé que le pouvoir de l'argent et de la surconsommation sont des aspects qui ne dirigeront jamais ma vie. Je suis arrivée avec pratiquement rien en Afrique et je repars avec rien. Malgré cela, ce séjour a été le plus enrichissant et le plus heureux de ma vie. Ce sentiment de ne pas être obligé de s'accrocher à une surdose de matériels et d'argent pour être heureux est une belle réussite dans ma vie que je souhaite garder et inculquer à mes enfants.
J'ai réalisé que je savais depuis toujours que je viendrais ici un jour, c'était ma destinée et j'étais complètement prête pour ce qui m'attendais sans savoir dans quoi je m'embarquais.
J'ai réalisé que je suis une femme forte qui affronte tous obstacles devant elle. Je ne mettais jamais vue ainsi, mais après toutes les épreuves que j'ai surmontées en Afrique de l'Ouest, je sais que je suis capable de beaucoup. Les défis ne me font plus peurs, ils sont même une motivation à dépasser davantage mes limites.
Demain, 6h, départ pour Bamako. Retour au commencement.
Le temps me surprend, m'étonne, m'échappe. Il me file entre les mains.
Quelqu'un m'a déjà dit de ne jamais attendre à plus tard pour être heureux en pensait que ce qui va venir est mieux. Vis maintenant, parce que plus tard, il y aura d'autres obstacles et tu passeras à côté des merveilles de la vie.
Je suis nostalgique, émotive, heureuse. Je me sens exactement comme lorsque j'étais dans l'avion à notre arrivé. Je laissais derrière moi des choses importes, pour vivre un rêve. Aujourd'hui, encore une fois, je vis un sentiment bizarre d'un futur inconnu. À partie de demain matin, je n'ai aucune idée de ce que saura ma vie pour les prochains mois. J'ai des centaines de projets, mais par où commencer?
Le mot intensité revient souvent dans mon rapport personnel et je pense que c'est ce qui résume le mieux mon séjour au Burkina Faso. Tout était rattaché à une intensité de vie. J'ai appris intensément qui je suis. La vraie vie d'ici, je l'ai reçu intensément comme une claque dans la face.
Je reviens maintenant.
Cette belle aventure se termine.
Toute chose à une fin.
Est-ce une beauté ou un malheur de la vie?